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Au cœur de nos sociétés, le stress est logiquement partout puisqu’il fait partie de la vie. Sans stress, il n’y aurait pas de survie. Je vous propose aujourd’hui de l’apprivoiser avec un angle différent : tout est dans la dose !

Tombée dans la marmite du stress à l’âge de 5 ans

Je dis souvent avec désinvolture « je suis née stressée ».
C’est inexact. En réalité, mon premier souvenir de gros stress prend racine à l’aéroport Charles de Gaulle; nous étions en route pour un voyage de 12000 km avec l’UTA1Ancienne compagnie aérienne française. Union des Transports Aériens qui a maintenant fusionné avec Air France vers Bornéo. Mon père vociférait suite à la taxation des deux cent kilos d’excédents de bagages. Il m’avait laissée en charge de plusieurs sacs en me menaçant si je relâchais ma vigilance ; une responsabilité bien trop grande pour une petite fille de cinq ans.
Ensuite, tout ou long de mon enfance et adolescence, j’ai changé de pays, d’école, d’environnement tous les deux ou trois ans. Chaque fois, j’ai dû m’adapter.

Plus tard, à l’âge adulte, j’ai accompagné de nombreux clients expatriés ; je me suis alors intéressée à cette notion car l’effort d’adaptation à un nouveau pays induit beaucoup de fatigue et de stress. Parmi mes premiers ateliers, il y avait d’ailleurs « prévenir la fatigue et le stress ».

J’en suis venue à la conclusion que, malgré toutes les promesses et les méthodes proposées autour du stress, on ne peut ni le vaincre, ni le combattre, ni le faire disparaitre à moins de mourir. Au mieux, on ne peut que le réguler.

Le stress : un ingrédient indispensable à la vie

Car la vie est un stress.
En effet, le stress est simplement une réponse de notre corps à une situation qui réclame notre attention ou une action.

Ainsi, vivre c’est éprouver au quotidien cet afflux de cocktail chimique dans nos cellules.  Vivre, c’est expérimenter dans notre cerveau, dans nos muscles, dans nos veines, les rushs d’adrénaline, les endomorphines et toutes ces réactions naturelles qui se déclenchent pour nous aider à survivre, pour nous alerter sur la situation à gérer.
C’est grâce à cette chimie fine que nous nous adaptons et que nous sommes encore là en tant qu’espèce. Grace à ces mécanismes, nous survivons depuis des millénaires (alors on pourrait dire dommage, étant donné le gros bordel qu’on a foutu sur la planète mais c’est un autre débat).

Le stress est donc pour nous permettre de survivre, sans lui pas de vie.
Vous pouvez le constater lorsque vous faites des semis de plantes : si vous voulez que la future plante  soit forte, il faut la stresser un peu mais pas trop. Par exemple, avant de planter le semi en pleine terre, en dehors de la serre, il est nécessaire de l’adapter progressivement aux stress extérieurs (à savoir le vent, le soleil, une température différente, etc..). Pour cela, il faut lui faire subir des doses progressives de stress : sortir ses semis quelques heures par jours pour les acclimater et les endurcir est la garantie d’une plante forte, qui survivra mieux, une fois mise en terre. Vous pouvez aussi la secouer un peu pour imiter le vent.

Le stress : question de dose

Ainsi l’enjeu du stress réside dans la dose. Nous pouvons distinguer trois sortes de stress :

  • Le stress positif est utile : il mobilise, rassemble et prépare à l’action ou à la gestion d’une situation particulière. Plus d’une fois, il nous alerte que nous nous y prenons mal pour gérer une situation ou prépare notre corps à affronter un imprévu.
  • Le Stress tolérable, plus fréquent, reste à un niveau qui est acceptable pour le corps et l’organisme . Cela signifie que nous prenons des temps de récupérations, de repos pour que notre organisme ait le temps de nettoyer la chimie induite par ces réactions au stress. Par exemple, faire des pauses ultradiennes est une façon de maintenir son stress à un niveau tolérable. Bien évident, la notion de « tolérable » varie selon les individus.
  • Le stress toxique correspond à un stress trop important ou qui dure trop longtemps.  C’est l’overdose ! Un cas malheureusement trop fréquent dans notre société.

Exemple de stress chronique ou toxique

Je vous ai déjà présenté les travaux de la neuroscientifique Sonia Lupien qui distingue le stress normal et le stress chronique qui entre dans la catégorie du « toxique ».
Elle explique que lorsque nous sommes soumis trop longtemps à un stress chronique, notre réactivité augmente et nous devenons plus sensibles  aux nouveaux stresseurs.
C’est ce qu’il s’est passé, par exemple, pendant les confinements : nous avons dû nous adapter, faire un effort pour accepter de nouvelles conditions de vie. Pour certains, c’était trop et ils sont devenus particulièrement réactifs. J’ai d’ailleurs le sentiment de vivre sur une poudrière de réactivité depuis deux ans ; je perçois à quel point les gens démarrent au quart de tour.
Cette notion de stress chronique ou toxique rejoint celle du professeur Ernest Rossi avec le syndrome de stress ultradien, typique de nos sociétés modernes.

Prendre soin de notre stress afin qu’il ne devienne pas toxique devrait être une hygiène de base ! Il faut savoir qu’un stress engrammé trop longtemps dans notre corps laisse des traces (article à venir)

C’est notre responsabilité de prendre en main ce sujet, de nous réguler pour traverser les stress de la vie et les conserver à un niveau acceptable pour nous-même et pour les autres.

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Parce que l’adaptation, et donc le stress, ont toujours été au cœur de ma vie depuis l’âge de 5 ans, j’écris souvent sur ce thème et je vous proposerai bientôt un parcours de lecture qui viendra s’ajouter aux « collections » existantes.

Et vous, comment faites-vous pour réguler votre stress face à la vie ?

 


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Montage réalisé sous Canva avec une image libre de droit sous Pixabay